Gauthier, Pierre 1952-2026

Pierre Gauthier a joint l’UQAM au Département des sciences de la Terre et de l’atmosphère en 2007 jusqu’à sa retraite en 2021. Sa carrière a débuté à Dorval à la Division de Recherche en prévision numérique d’Environnement Canada (EC; plus tard Environnement et changements climatiques Canada, ECCC) après un doctorat en météorologie de l’université McGill. Son doctorat portait sur les états marginalement instables dans un modèle simplifié de l’atmosphère. Son projet de recherche initial à EC s’est transformé en un projet majeur qui a marqué toute sa carrière : l’application des méthodes variationnelles pour la définition des conditions initiales des modèles de prévision du temps par ordinateur, ce qu’on appelle l’assimilation des données. Il est rapidement devenu le leader de ce projet majeur qui consistait à développer et à implanter opérationnellement un système d’analyse des données basé sur l’assimilation variationnelle quadri-dimensionnelle, où l’on utilise de façon optimale les données météorologiques disponibles dans une fenêtre de temps avant le début de la prévision. Ses travaux et ceux de son équipe ont culminé par l’implantation de ce système en 2005. Cette implantation a contribué à consolider la position du Canada parmi les leaders mondiaux pour la prévision météorologique. Ses recherches ont eu un vaste champ d’application au-delà des opérations météorologiques quotidiennes : assimilation des données chimiques dans la stratosphère, étude des réseaux et des stratégies d’observation, assimilation de nouvelles données satellitaires, etc.

Tout au long de sa carrière tant à EC/ECCC qu’à l’UQAM, M. Gauthier a formé et dirigé de nombreux chercheurs. Ses cours en assimilation de données étaient en complément direct avec la télédétection, un autre pilier de recherche à l’UQAM. Il a toujours apporté des idées novatrices et stimulantes. Figure respectée de la communauté de l’assimilation de données, il a marqué notre domaine par l’excellence de ses travaux scientifiques, sa vision et son engagement envers la formation de la relève. Ses collaborations et ses amitiés s’étendaient bien au-delà de nos frontières (p.ex., à l’université de Reading, les centres Météo France et Centre européen de prévision, et l’Organisation Météorologique Mondiale). Son influence se fait sentir auprès de nombreux chercheurs au Canada et à l’étranger. Au-delà du scientifique accompli, nous retiendrons surtout une personne généreuse, bienveillante et toujours prête à soutenir ses collègues et ses étudiants. Son départ constitue une grande perte pour notre communauté, et sa mémoire demeurera vivante à travers ceux qu’il a inspirés.

(Merci à Jean Côté, Joel Bedard (ECCC) et Jean-Pierre Blanchet pour leurs contributions à ce texte.)