Trésors cachés de l’UQAM
Robert Comeau
L’APR-UQAM a organisé une visite à la bibliothèque de l’UQAM le mardi 25 mars 2025. Cette visite, qui a été présentée par Lyse Roy, professeure au Département d’histoire de l’UQAM, a donné un aperçu des livres rares de la collection de l’UQAM. M. Hugues Ouellet, bibliothécaire et directeur de la découverte et du traitement des ressources documentaires et patrimoniales, nous a chaleureusement accueillis et fait visiter la réserve où sont conservés les ouvrages rares. Il nous a raconté la provenance des différents fonds, particulièrement ceux des bibliothèques du Collège Sainte-Marie de Montréal — j’ignorais qu’il y avait eu quatre bibliothèques dans ce collège. D’autre part, ma collègue historienne du Département d’histoire, Lyse Roy, qui a travaillé sur ces livres rares, nous a parlé brièvement des recherches de Brenda Dunn-Lardeau (études littéraires), pionnière dans la valorisation du patrimoine livresque des 15e et 16e siècles. Lyse nous a aussi parlé d’une autre collègue Peggy Davis (histoire de l’art), avec qui elle a travaillé sur des récits de voyages illustrés des 17e et 18e siècles au sein d’une équipe interdisciplinaire subventionnée.



Lyse m’a d’ailleurs gentiment fait parvenir les notes de son exposé. Elle y a décrit quelques ouvrages des divers fonds de l’UQAM : celui du Collège Sainte-Marie, celui de l’École des Beaux-arts, celui de l’École normale Jacques-Cartier. Ces trois institutions ont disparu avec la création de l’UQAM en 1969. De plus, l’UQAM a reçu récemment un don des Franciscains de Rosemont de plus de 700 titres du 15e au 18e siècle, dont une quinzaine d’incunables.

Pour ne reprendre que quelques observations des pièces présentées par Lyse, disons seulement qu’elle a su nous intéresser à leur histoire, leur fabrication, comme cette Bible de Paris du 13e siècle de format portatif provenant du Fonds de l’École des Beaux-arts, ou encore ce document d’un moine qui a réuni des récits de voyage menés par des navigateurs hollandais au 17e siècle. Cet ouvrage provenant de « l’Enfer » du Collège Sainte-Marie et préfacé par Martin Luther, avait été censuré par un Jésuite qui avait caché les parties intimes de certains personnages, remarque que j’avais retenue.
Du fonds de l’École normale Jacques-Cartier, un document de 1482 d’un grand imprimeur allemand qui a séjourné à Venise et qui a publié une Cosmographie de Pomponus Mela dont les gravures nous font voir la conception du monde avant la découverte de l’Amérique. Il ne reste que 125 exemplaires de ce livre dans le monde.
Concernant le fonds des Franciscains, Lyse nous a fait voir un texte en latin en écriture gothique imprimé sur une seule colonne à Mayenne en 1502 et dont il ne reste que 56 copies. Cet ouvrage constitue un des premiers récits de voyages illustrés imprimés en Occident. Il comporte des gravures sur bois d’une grande qualité.


Chacune des pièces a suscité de nombreuses questions sur les processus de fabrication, l’évolution des techniques, les caractéristiques de la typographie. Nous en avons également appris un peu plus sur les incunables, ces livres produits avant que l’imprimerie ne se répande en Europe et ne remplace les documents manuscrits des copistes. Comme nous étions peu nombreux, nous avons pu observer de près chacune des pièces. Je crois que cette initiative fut fort appréciée. Je remercie Lyse Roy pour son exposé qui a réussi à piquer notre curiosité et à nous communiquer son enthousiasme. Souhaitons que notre réserve de livres rares puisse obtenir un jour des ressources comparables à celles de la bibliothèque de l’Université McGill.
Photos: Richard Bourhis