Visite de l’exposition Les Olmèques au Musée de la Pointe-à-Callière, le 11 septembre 2024
Photos 1-4, 6, 7 José E. Igartua; photos 5, 8, 9 Richard Bourhis
Le mercredi, 11 septembre, 2024, une vingtaine de membres de l’APR-UQAM se sont réunis au Musée de la Pointe-à-Callière pour visiter l’exposition Olmèques et les civilisations du golfe du Mexique. Avant d’entreprendre la visite guidée de l’exposition, nous nous sommes rendus au restaurant du musée, L’Arrivage, pour le repas du midi.

Malheureusement, il faut bien admettre que l’accueil et le service étaient quelque peu chaotiques et nous avons dû attendre plus d’une heure pour recevoir nos additions.

C’est donc vers quatorze heures que nous y avons été reçus par notre excellente guide, Isabelle, qui a brièvement décrit les quelques 300 objets en exposition, venant d’une douzaine de musées mexicains, dont certains étaient présentés au grand public pour la première fois. Avant de décrire l’exposition, quelques mots d’introduction.
Selon notre guide, la civilisation olmèque est la plus ancienne connue de la Mésoamérique et est considérée comme l’un des six berceaux de civilisation au monde. Pendant plus de mille ans, la culture olmèque a rayonné à travers tout le Mexique, le Belize, le Guatemala et même jusqu’au Costa Rica et a fortement influencé les civilisations maya, totonaque, zapotèque et aztèque qui l’ont suivie. Bien que les débuts et la fin de cette culture restent à préciser, les dates proposées vont de 1 660-1 200 AEC à 300-400 AEC (ou même à 200-400 EC). Il faut savoir que le terme Olmèque vient de la langue aztèque olmecatl ‘gens du (pays du) caoutchouc’. En effet, les Olmèques sont les premiers à fabriquer du caoutchouc en mélangeant la sève de l’arbre de caoutchouc au jus de la vigne de gloire du matin.
L’exploitation archéologique des sites olmèques a permis de reconstituer quelque peu les détails de la culture et la civilisation olmèques. On sait qu’ils avaient développé une hiérarchisation sociale très complexe, qu’ils avaient une forme de religion avec de nombreux dieux représentant des phénomènes naturels tels que la pluie, la terre, le maïs ou des animaux tels que le jaguar, etc. Les artefacts emblématiques de la civilisation olmèque sont sans aucun doute les têtes colossales, dont il existe aujourd’hui dix-sept exemplaires. Ces têtes, pesant plusieurs tonnes, sculptées en basalte, représentent un chaman, un haut dirigeant, un guerrier ou encore un joueur de balle. Elles se ressemblent remarquablement, car elles ont toutes le nez épaté, les yeux en amande et croisés, les lèvres charnues et le plus souvent, elles sont coiffées d’un casque. C’est justement l’une de ces têtes colossales qui nous accueille à l’entrée de la première salle d’exposition.

On sait que vers 400 ou 300 ans AEC, les Olmèques ont abandonné leurs villes et ont migré vers l’intérieur des terres, influençant ainsi d’autres civilisations mésoaméricaines. Au premier étage du musée, l’exposition présente divers aspects de cette influence, par exemple, le jeu de balle. Entre autres, une sculpture d’un joueur décapité, datant de 700-900 EC.

D’autres objets présentés sont des vases et des encensoirs magnifiquement sculptés et représentant Tlaloc, le dieu de la pluie, une statue colossale de la déesse purificatrice Tlazoltéotl, déesse de la terre, de la sexualité et de l’enfantement. Plus loin, on peut admirer plusieurs statues de grande taille représentant des « mères guerrières », c’est-à-dire des femmes mortes en couche, qui, selon la tradition, se transforment en démones ou « femmes divines », une statue de la déesse du maïs, des vases funéraires anthropomorphes de la civilisation huastèque (200 EC) et une statue du Seigneur d’El Naranjo, une représentation du dieu Ehécatl-Quetzalcoátl, dieu du vent.

Suivent une collection de haches cérémoniales sculptées en jade ou en serpentin, des colliers de perles et de magnifiques bols sculptés en jadéite, quelques bustes en bois, un superbe pectoral en jade représentant un jaguar, de nombreuses statues d’hommes-jaguar, de jaguars (l’animal fétiche des Olmèques) et même une porte en forme de gueule ouverte de jaguar.
D’autres vitrines nous présentent de petites sculptures d’enfants présentant une modification crânienne, un rictus et des dents acérées. L’une des statues les plus marquantes est sans doute le Seigneur de Las Limas, un homme-jaguar adolescent tenant un bébé-homme-jaguar dans ses bras.

Un peu plus loin, on trouve une série de stèles où l’on peut voir l’amorce d’un système d’écriture hiéroglyphique, qui sera d’ailleurs plus tard adopté et modifié pour devenir l’écriture maya.

D’autres stèles présentent ce qu’on appelle « le compte long », un calendrier solaire, également adopté et adapté par les Mayas et les Aztèques.
Les explications d’Isabelle, notre guide, étaient excellentes et pertinentes et nous en avons appris beaucoup de cette civilisation qui mérite amplement d’être mieux connue.

Somme toute, un excellent après-midi!
Robert A. Papen, Linguistique
