Hould, Claudette 1942-2025

Claudette Hould nous a quittés au début de l’automne. Nous sommes plusieurs à ressentir un grand vide, à être chagrinés. Sa présence, son dynamisme, son intelligence, sa générosité, son souci du bien-être de l’autre, ses conseils pertinents, son rire, ses narrations diverses et nos conversations si chaleureuses avec elle, tout cela nous manque.
Selon les volontés de Claudette, il n’y a pas eu d’obsèques. Mais c’était impensable de ne pas lui rendre hommage. C’est pourquoi une rencontre informelle entre collègues, proches et ami.e.s, organisée par le Département d’histoire de l’art et la Faculté des arts, s’est tenue à l’UQAM, le 21 novembre. Aussi, les familles Hould et Bachand nous ont conviés à la Maison Louis-Joseph Forget, début décembre. Et ses amis de Paris se sont réunis chez Pierre Rosenberg, en novembre.
Claudette a façonné, avec conviction, chaque moment de sa vie. Issue d’un milieu très humble (elle le rappelait souvent), elle a étudié avec détermination (et beaucoup de joie) pour atteindre un niveau d’excellence. Après une licence en histoire de l’art et en histoire, elle a terminé une maîtrise en histoire (UdeM, 1971), portant sur « les beaux-arts et la politique durant la Révolution française ». Plus tard, en 1989, Claudette a soutenu sa thèse de doctorat en histoire à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, sous la direction de François Furet, intitulée La Révolution par le dessin : les dessins préparatoires aux gravures des tableaux historiques de la Révolution française (1789-1802).
Alors qu’elle était conservatrice de l’art européen des XIXe et XXe siècles au MBAM, Claudette a été invitée à postuler au Département d’histoire de l’art. Professeure à l’UQAM, de 1976 à 2003, elle a été directrice du Module d’histoire de l’art, tutrice en théâtre et en danse (1980-1981), directrice du Département d’histoire de l’art (1984-1989 et 1997-1999), puis vice-rectrice aux Services académiques et au développement pédagogique (2000-2001). En prêt de service, elle a été directrice de la Maison des étudiants canadiens à la Cité universitaire de Paris (1992-1996), tout en continuant ses recherches, son enseignement à Paris et la direction de ses étudiant.e.s aux cycles supérieurs.
Entre février et décembre 1989, la même année qu’elle soutenait et publiait sa thèse, Claudette Hould a agi à titre de commissaire de l’exposition L’Image de la Révolution française, dans quatre institutions muséales : au Musée du Québec (maintenant MNBAQ), au MBAM, à l’AGO à Toronto et à l’Art Gallery of Winnipeg. Elle a poursuivi ses recherches sur la gravure de la Révolution française et réuni une équipe internationale d’historiens et d’historiens de l’art, ce qui lui a valu une grande reconnaissance.
Claudette a publié plusieurs articles scientifiques en France et au Québec, en ne négligeant pas le volet de la diffusion des arts, notamment dans Vie des arts. Deux ouvrages (en collaboration) : Répertoire des livres d’artistes au Québec (1900-1980) et le second (1981-1990) méritent une attention particulière pour le travail essentiel de la collecte de données.
Animée par la valorisation des musées, elle a été membre de plusieurs comités et conseils d’administration : MNBAQ, MACM, Musées nationaux du Canada, MBAC et MBAM.
Rappelons les prix et les honneurs qui lui ont été remis :
- Officière de l’Ordre des arts et des lettres de France (1997)
- Prix d’excellence en enseignement de l’UQAM (2000).
- Prix culturel Samuel de Champlain, remis par l’Institut France-Canada à Paris (2003).
- Membre de l’Ordre du Canada (2004)
- Prix de l’Académie française : Prix du rayonnement de la langue et de la littérature française. Médaille de vermeil (2011).
- Ordre national du Mérite (France), promotion Chevalier, section Étrangers, décret du 25 juillet 2025.
Claudette a, tout au long de sa vie, soutenu ses étudiant.e.s et les artistes. On retient ses talents de pédagogue, son profond désir de transmission, ses qualités pour motiver les autres, sa générosité pour les organismes culturels, notamment le Festival international du film sur l’art (FIFA), Vie des arts et la Fondation Grantham pour l’art et l’environnement. Amie et partenaire du Concours musical international de Montréal, elle a perpétué le Prix André-Bachand, du nom de son conjoint (1917-2010).
Nous parlerons longtemps et souvent de notre amie et collègue. Nous évoquerons les souvenirs professionnels et d’amitié que Claudette nous laisse — et qu’elle nous a permis de vivre.
Louise Julien
Département d’éducation et formation spécialisées