Desrosiers, Rachel 1929-2026

Rachel Desrosiers s’est éteinte le 21 juin 2026 à 96 ans. Avant de joindre les rangs des professeurs de l’UQAM, elle a enseigné dans le réseau des Écoles normale du Québec, particulièrement à l’Institut pédagogique. Elle était alors religieuse de la Congrégation de Notre-Dame. Après l’obtention de son doctorat en France, elle a été recrutée par le Département de l’éducation de l’UQAM, où elle a été entre autres responsable de l’individualisation des apprentissages.

 En 1976 paraissait aux Presses universitaires de France son premier ouvrage, La créativité verbale chez les enfants, issu de ses travaux de doctorat. Le reste de sa bibliographie, souvent des titres publiés sous le nom de Desrosiers-Sabbath, comporte  quelques ouvrages  approfondissant  le lien  entre la langue et la psychologie cognitive, comme  Enseignement et hémisphère cérébral droit, ou encore, Évaluation du niveau conceptuel par la méthode de du paragraphe à compléter et enfin, Comment enseigner les concepts. Vers un système de modèles d’enseignement. L’auteure  y propose une démarche rigoureuse en quatre étapes : la définition des attributs essentiels du concept, l’analyse d’exemples servant de prototypes, l’analyse de contre-exemples et enfin la généralisation ou conceptualisation. 

Son expertise a contribué à la formation de nombreuses étudiants de maitrise et de doctorat, ici et à l’étranger. Elle a été entre autres été partie prenante du Projet Bahia entre 1987 et 1990, qui a permis de qualifier au niveau supérieur les professeurs de la nouvelle Université d’État de Bahia, au Brésil. Rachel Desrosiers est devenue au fil des années une référence en formation des maîtres puisqu’elle en a vécu toutes les étapes.

À la retraite, on remarque en outre son implication en tant que rédactrice en chef du Bulletin de l’APR-UQAM (1999 à 2003) et son rôle de vice-présidente de l’APR-UQAM (2091-2002). Nul n’a oublié à l’APR-UQAM de ces années les causeries sur l’art inuit qu’elle a animées avec le talent d’une collectionneuse dans l’âme.

En tant qu’ancienne étudiante de Rachel Desrosiers à l’École Normale, puis, beaucoup plus tard,  en tant que sa collègue à l’UQAM, je l’ai connue sous plusieurs facettes. Comme tous ceux qu’elle a côtoyés, j’ai pour elle une profonde gratitude pour cet héritage scientifique et pédagogique qu’elle nous a légué.

Monique Lebrun-Brossard, professeure émérite
Département de didactique des langues