Desnoyers, Luc 1940-2025

Luc Desnoyers était un ami. Avec le temps,  mon amitié pour lui est devenue inconditionnelle.  Il était authentique, fidèle à l’égard des gens qu’il aimait et généreux. Il défendait ses convictions avec ardeur et ténacité. 

Luc était un bâtisseur. Le directeur du Département de biologie du Collège Sainte-Marie l’avait recruté alors qu’il était étudiant au doctorat en neurophysiologie à l’Université de Montréal. Ce directeur souhaitait créer une équipe pour développer un projet de département des sciences biologiques destiné à la nouvelle université qui devait voir le jour. Luc sera directeur de ce département de l’UQAM de 1973 à 1977.

Luc était un spécialiste de la vision. Tôt dans sa carrière, il s’intéresse à l’ergonomie et à la recherche en santé et en sécurité du travail. On lui doit le premier cours francophone d’ergonomie à Montréal, puis la création d’un DESS dans cette discipline. Socialement engagé, il élabore et dispense des formations destinées à des travailleurs et travailleuses, en collaboration avec le Service aux collectivités, des centrales syndicales, Antoine Laville et Catherine Teiger, des ergonomes français réputés et sa conjointe elle-même ergonome, Raymonde Pelletier. Il compte parmi les premiers chercheurs à avoir diffusé des connaissances scientifiques dans un format utile à des représentants syndicaux; il publie Vision en milieu de travail en 1984.

Luc a présidé l’Association canadienne d’ergonomie et la Société d’ergonomie de langue française, organisme qu’il a représenté au Conseil de l’International Ergonomics Association. Il a contribué aux travaux du Conseil (1997-1999) ayant mené à l’adoption d’une définition de l’ergonomie.

Lors de ses funérailles, nous étions plusieurs à porter les bijoux en bois qu’il avait confectionnés durant sa retraite. Il avait appris à travailler ce matériau afin de fabriquer pour ses petits-enfants des jouets favorisant la coordination des mouvements.

Diane Berthelette
Département d’organisation et ressources humaines